L’accord de libre-échange avec la Malaisie, validé en juin 2026 par le Parlement, n’est pas qu’une simple affaire de grands singes de la forêt tropicale, ni la nostalgie d’un Éden lointain. Ce n’est pas non plus qu’une opportunité et un soutien à l’économie suisse, «nécessaire par ces temps incertains» comme l’indique Économie Suisse. Cet accord implique des conséquences bien plus vastes.

Le travail forcé en est l’un des enjeux majeurs. La Suisse a demandé à la Malaisie en 2012 de ratifier les conventions de l’ONU sur les droits humains ainsi que celles de l’OIT sur le travail forcé. La Malaisie ne les a toujours pas ratifiées à ce jour. Or, plus de 200 000 personnes étaient en état de travail forcé en Malaisie en 2023 1. Les secteurs de l’exportation, dont celui de l’huile de palme, sont en première ligne dans cette exploitation et une augmentation des quotas pour la Suisse aura des conséquences dans ce domaine.

La Suisse exige également de la Malaisie des lois plus strictes en matière d’accès aux semences et de régulation des obtentions végétales2. Cela signifie plus de restrictions pour les paysans dans la production, l’utilisation et le partage de leurs propres semences et une obligation d’acheter des semences brevetées par les géants semenciers (Syngenta) qui rendra le secteur agricole, en particulier l’agriculture paysanne, plus dépendant des multinationales semencières et l’appauvrira en conséquence.

Dans cet inventaire, la déforestation nécessaire à la production d’huile de palme, qui menace plus de 500’000 hectares de forêt, en est une facette supplémentaire. Les incendies récents ont montré les faiblesses des monocultures forestières en matière de durabilité, de biodiversité et de robustesse. C’est pourtant une surface dix fois plus grande que celle qui a brûlé sur les côtes françaises cet été qui deviendra une monoculture de palmiers à huile, soit 500’000 hectares. Un milieu d’une richesse incroyable d’espèces végétales et animales cédera la place aux rangées de palmiers à huile. Lorsque l’on sait que la plupart de nos médicaments proviennent de molécules découvertes dans la forêt tropicale, cela laisse songeur sur la richesse que l’on sacrifie.

En tenant compte des incidences sanitaires de l’utilisation de l’huile de palme dans notre alimentation, il me semble que cet accord, qui touche aussi bien les domaines environnementaux et sociaux que ceux de notre propre santé, mérite une consultation populaire. Une large alliance de la société civile lance un référendum à son sujet 3.

Yves Massy

 

1https://cdn.walkfree.org/content/uploads/2023/09/28091623/GSI-Snapshot-Malaysia.pdf

2https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/semences/droits-agriculteurs/protection-obtention-vegetales

3https://sauver-la-foret-tropicale.ch/referendum/

Dans un tout-ménage distribué par la droite genevoise, le désir touchant du grand capital qui essaie de nous convaincre qu’il voudrait nous rendre tous enfin propriétaires, et donc libres et heureux. Il y a là une vision très étroite du tous. L’IA y a mis sa patte si bien que l’on croirait lire un document pour enfant : en vert les prétendus avantages de la nouvelle loi, en rouge les odieux mensonges de la gauche. Vous pouvez sans risque de vous tromper inverser les couleurs, il y autant de manipulations que de prétendue vérités.

Entendu Albert Rösti ce matin à la radio. Inquiet des températures et de la durée des épisodes caniculaires, il confirme que le conseil fédéral est préoccupé par la situation et en fait beaucoup: suit alors une liste des monitorings qui observent la sécheresse, la température, la durée des canicules, lnombre d'hélicoptères pour abreuver le bétail à l'alpage.

Albert Rösti est l'homme qui, observant le Titanic couler, prétend en faire beaucoup en observant la vitesse du naufrage, la couleur de l'iceberg, en calculant le nombre de morts. Absolument rien dans son discours pour s'attaquer aux causes de la situation. 

Monsieur Rôsti: savez-vous pourquoi ces canicules ont lieu? Si oui agissez, si non renoncez immédiatement à vos responsabilités politiques pour cause d'incompétence criminelle.
 

En 1984, Hape Grünerfelder participe au sauvetage de la race des chèvres bottées, en voie de disparition en Suisse. Une éleveuse de cette race lui a promis, avant une chute qui l'amène en EMS, de lui en procurer quelques unes. Après son accident, son fils appelle Hape pour dire qu'il faut agir vite avant la dispersion du troupeau. L'opération, relativement épique, se fait par bateau sur le lac de Walenstadt, la chèvrerie étant inaccessible par voie terrestre. Le bateau est petit, peu adapté à un sauvetage de cet ampleur, mais permet néanmoins à une dizaine  de ces charmantes demoiselles à sabots d'embarquer, non sans quelques appréhensions de leur part. 

Lorsque, en région genevoise, venant du Salève, pour une raison que peut-être vous seul connaissez, vous prenez la direction de Plan-les-Ouates, l'allure de votre vélo glissant agréablement sur la légère pente, vous laissant le loisir d'observer autour de vous un paysage alternant entre monocultures monotones, grandes serres maraîchères et banlieue en menaçante expansion, votre œil sera peut-être attiré par une sorte d'anomalie paysagère, un ovni agricole d'un petit hectare, peu discernable en hiver mais bigrement original le printemps venu, de plus en plus singulier tout au long de la belle saison. Vous êtes rapidement passé, votre vitesse n'étant pas négligeable, devant le bien nommé Bois des Trois Sœurs.