Métiers. Si l’on peut émettre le regret de ne pas avoir entendu plus de solistes différents durant ce concert, on ne peut pas dire que c’est par un défaut de qualité des interventions de Ohad Talmor. Qu’il dirige l’orchestre, qu’il arrange ou qu’il compose, qu’il soit l’interprète de ses propres œuvres, il nous convainc sans peine de son immense savoir-faire en ces domaines. Et pourtant, combien ces tâches sont lourdes à porter, qui pourraient accaparer chacune un seul homme. Sa science de l’écriture est totalement originale, fusionnant si bien l’héritage classique et celui de cet o.v.n.i. inattendu qu’est le jazz, magnifiant des textures étranges, développant avec obsession ce qui apparaît d’abord comme un détail insignifiant, démontant le rôle traditionnel des sections d’instruments et usant d’une polyphonie complexe très rare dans ce contexte. Le magnifique écrin, modeste et adéquat, que lui offre le Big Band de Lausanne, prouve l’étonnante richesse que l’on crée à partager, que ce soit la musique, ou toute autre nourriture.
Festival AMR, Genève, avril 2009